LE WESTERN SWING
Le western-swing est un genre musical né au Texas dans les années 30 sous l'influence de quelques musiciens rebelles comme Milton Brown ou Bob Wills, pour ne citer que les plus célèbres. Mélange de blues, de hillbilly, de jazz, le nom de western-swing n'a été adopté qu'à la fin des années 40 pour remplacer les termes de "hot-dance hillbilly " ou "cow-boy jazz". Si le violon mène toujours la danse, l'utilisation d'instruments tels que la steel-guitare, la guitare électrique et la contrebasse "slappée" complète le string-band et donne au western-swing cette couleur particulière.
Cette forme de country-jazz texanne, qui était une musique populaire pour animer les bals des travailleurs du pétrole et des cow-boys, marque la fin de la grande dépression économique des USA, jusqu'à la naissance du rock'n'roll. Genre musical à lui seul, le western-swing a donné les plus brillants solistes des années 30/40 et un certain Charlie Parker, a reconnu qu’il avait été impressionné par la qualité des musiciens de Bob Wills, ce même Bob Wills qui se fit confisquer sa carte de musicien pour avoir joué et adoré ce jazz qui faisait peur à Nashville…
Avec l'exploitation du pétrole, le Texas se peuple très fortement jusqu'à la fin des années 1920. Le Texas était ouvert à toutes sortes de musiques, mais surtout influencé par le jazz de la Nouvelle-Orléans et la musique mexicaine.
Il y avait pourtant le chant cow-boy et la tradition anglo-irlandaise, mais qui ne s'imposaient pas vraiment. Les nouveaux colons apportent avec eux la tradition de leur région, notamment celle des orchestres à cordes des Appalaches, ainsi que les réunions communautaires du samedi soir. Ces réunions du samedi soir connaissent un rapide succès, à tel point que les salles trop petites ne font que s'agrandir.
Les orchestres s'agrandissent rapidement avec des cuivres comme à la Nouvelle-Orléans, avec une section rythmique basse/batterie et ensuite avec des instruments électriques empruntés au blues et au jazz...

LA GUERRE DES ONDES
La démocratisation de la radio au début des années 1930 est pour beaucoup dans le succès du swing. En effet, plus d’un foyer sur trois se trouve équipé d’une radio.
Pour mettre fin à la guerre des ondes, une loi bilatérale entre les Etats-Unis et le Canada partage la totalité de l’espace des grandes ondes de radio et limite la puissance des émetteurs.
Cette mesure législative va en fait contribuer au succès de la musique texane de l'époque.
En effet, de l’autre coté de la frontière sud, la loi mexicaine permettait une puissance en watts bien supérieure à celle autorisée aux Etats-Unis. C’est ainsi que J.R. Brinkley créa au Mexique la station XER qui développait cinq cent mille watts et que l’on pouvait entendre dans toute l’Amérique.
Et ce que l’Amérique entendit fut un déluge de remèdes médicinaux entrecoupés de musique western et swing. Les annonceurs publicitaires des radios formèrent des orchestres pour faire la promotion de leurs produits.
Un grand nombre de groupes portaient un nom en rapport avec leur annonceur.
C’est ainsi que le premier groupe de western-swing se dénomma les "Light Crust Doughboys", sponsorisé par les moulins industriels de Burrus Mills… Les annonceurs publicitaires des radios demandaient aux orchestres de jouer des chansons de cow-boy, du jazz de la Louisiane, du blues rural noir du nord du Mississippi, du gospel de l’Oklahoma et des balades mexicaines.
Les auditeurs sortaient de l’isolement rural et commençaient à connaître les bienfaits de l’électricité chez eux. Comme la musique du moment s’appelait le swing, ce nouvelle emballage texan vint à être connu sous le nom de "hot-dance hillbilly" ou "cow-boy jazz" …
LE WESTERN SWING, UN BLUES DE REBELLES...
La musique texane des années 1930 sert surtout à distraire et à faire danser, souvent sur des paroles absurdes et des jeux de mots "douteux". Les sujets qui étaient jusque là tabous, interdits dans la country-music font leurs apparitions : le divorce et l'alcool (Bob Wills et consort en spécialistes), l'infidélité, la drogue, la vie dissolue… Mais par-dessus tout, cette musique dégage un swing irrésistible, d'où le nom qu'on lui a progressivement attribué. Mélange de blues (élément primordial, écoutez bien la musique de Bob Wills), de hillbilly et de jazz, le nom de western-swing, terme plus générique fut ainsi adopté. De nombreux artistes de western-swing ont joué dans des westerns cinématographiques. L'un des pères fondateurs de ce style n'est autre que le célèbre violoniste Bob Wills. Mais il y eut aussi Milton Brown, Bill Boyd, Spade Cooley, Cliff Bruner, Pee Wee King et d'autres moins connus. L'après-guerre sonne le déclin du western-swing avec l'arrivée des juke-boxes, plus rentables que les orchestres de western-swing qui meurent doucement dans les années 1950...

Bob Wills, né dans le comté de Hall au Texas a passé plus de temps sur scène qu’à cheval. Visionnaire avant-gardiste, il avait très vite compris ce que les gens attendaient. Habillé de manière conservatrice en chemise blanche empesée, il avait toujours sa paire de bottes, son chapeau (et sa bouteille de gnôle) comme pour rester proche du public texan. Les gens voyaient en lui un héros abordable qui donne des raisons de vivre et d’espérer.
Il se déplaçait avec son orchestre dans son autobus sur lequel son nom était peint. Il s’aperçut très vite que pour couvrir le son des juke-boxes des honky-tonk du Texas, il fallait se faire entendre, et il équipa son orchestre d’amplificateur afin de couvrir le bruit de la mêlée et des bagarres. De la même manière qu’il imposa la garde robe western complète afin de mieux coller aux canons de la mode cinématographique.
LES INSTRUMENTS

La particularité du western-swing vient des instruments employés. Le violon, la guitare viennent de la musique populaire, l’ajout de la steel-guitar permet de donner une couleur et éventuellement de "remplacer" une section de cuivres… La steel-guitar est un instrument dérivé de la guitare hawaïenne. Les accordages sont aussi variés que les musiciens. Les plus connus dans le genre sont Jerry Byrd, Noel Boggs, Leon Mc Auliffe, Joachim Murphy, Speedy West, Herb Remington. Dans les années 1950, les instruments changent ainsi que la musique. La pedal-steel guitar fait son apparition. Le son est plus doux, moins "viril" et la musique plus commerciale... A ses débuts, la section rythmique du western-swing se résume à une contrebasse jouée en slap. Le slap de la contrebasse permet de remplacer la caisse claire et contribue à accentuer le rythme. Le tout consiste à tirer et faire rebondir les cordes sur la touche de la contrebasse. Cette technique était utilisée par les joueurs de blues comme Willie Dixon et de jazz de la New-Orleans.